Rencontre avec Olivier Flueck, nouveau directeur de la Fondation Chez Paou
À 41 ans, Olivier Flueck est marié et père de deux enfants. Arrivé à la Fondation Chez Paou en 2021 comme responsable des ressources humaines, de l’administration et des finances, il connaît aujourd’hui l’institution en profondeur. Avec un parcours dans l’économie et les ressources humaines, complété par une formation de formateur d’adultes, il incarne une approche à la fois humaine, calme et engagée. Ceux qui travaillent à ses côtés le décrivent souvent comme une véritable « force tranquille », attachée aux valeurs d’égalité, de loyauté et de respect.
Pourquoi avoir choisi de travailler à la Fondation Chez Paou ?
Ce qui m’a tout d’abord marqué, c’est le nom de la Fondation. Quand je disais à mes amis que je travaillais “Chez Paou”, certains pensaient que j’étais encore à la recherche d’un emploi ! J’ai donc rapidement appris à préciser “Fondation Chez Paou”.
Plus sérieusement, la question de la précarité m’a toujours beaucoup touché. J’avais envie de donner du sens à mon travail et de pouvoir contribuer concrètement à l’accompagnement de personnes en difficulté. Rejoindre la Fondation représentait pour moi une évidence, car ses valeurs correspondent pleinement à ce que je défends humainement et professionnellement.
Pourquoi avoir accepté le poste de directeur ?
Cela fait plusieurs années que j’accompagnais notre ancienne directrice, Marine Buchs, dans de nombreux projets et dans le fonctionnement quotidien de l’institution. J’avais déjà une bonne connaissance des aspects administratifs, des liens avec les services placeurs, des mandats et du travail réalisé avec le Canton.
Prendre la direction s’est donc fait de manière assez naturelle. Mon objectif est de poursuivre ce qui a été construit ces dernières années, tout en assurant une continuité dans les projets et dans l’accompagnement proposé aux bénéficiaires. Il est important pour moi de préserver l’ADN de la Fondation tout en continuant à la faire évoluer.
Quels sont les prochains objectifs de la Fondation ?
Notre priorité reste de répondre aux besoins que le Canton nous transmet chaque année, car la précarité continue malheureusement de toucher de nombreuses personnes.
À court terme, nous souhaitons pouvoir ouvrir un lieu d’accueil d’urgence dans le Haut-Valais afin de répondre à une demande croissante sur le terrain. Nous travaillons également sur la professionnalisation de certains outils internes, notamment à travers la mise en place d’un ERP pour le suivi des dossiers des bénéficiaires.
La protection des données est aujourd’hui un enjeu majeur, et cet outil permettrait de faciliter le travail de nos équipes, d’améliorer la coordination administrative et d’uniformiser les pratiques sur le terrain. L’objectif est d’offrir un accompagnement encore plus efficace et sécurisé.
Qu’est-ce qui vous touche particulièrement dans votre travail ?
Ce qui me touche le plus, c’est l’engagement quotidien de mes collègues. Leur travail d’accompagnement demande énormément d’investissement humain, de patience et de bienveillance. Ils construisent avec les bénéficiaires des solutions adaptées à chaque situation, dans une logique de co-construction et de respect.
C’est un travail de longue haleine, où les résultats ne sont pas toujours immédiatement visibles ou quantifiables. Pourtant, chaque petite avancée compte énormément. Je tiens sincèrement à remercier toutes les équipes pour le travail remarquable qu’elles accomplissent chaque jour.
Une anecdote ou un moment marquant à partager ?
Chaque résident me touche par son parcours de vie. Derrière chaque situation, il y a une histoire, parfois très difficile, qui rappelle à quel point la précarité peut concerner n’importe qui.
Un moment que j’apprécie particulièrement est la journée annuelle des bénéficiaires. C’est une occasion de réunir tout le monde dans un cadre plus léger, de partager un moment convivial et de créer du lien. Ces instants de détente sont précieux, autant pour les bénéficiaires que pour les équipes.
Selon vous, quelles sont les qualités d’un bon directeur ?
Pour moi, l’écoute et la bienveillance sont essentielles. Un directeur doit être capable d’entendre les besoins des collaborateurs comme ceux des bénéficiaires.
Il faut aussi savoir anticiper, prendre des décisions et parfois trancher lorsque cela est nécessaire. Mais surtout, chaque décision doit avoir du sens et être comprise par les équipes. C’est ainsi que l’on peut avancer ensemble et faire évoluer une institution de manière cohérente et humaine.
À quoi sert la Fondation Chez Paou ?
La mission première de la Fondation est d’accueillir les personnes en situation de précarité là où elles en sont dans leur parcours de vie. La précarité peut toucher absolument tout le monde, même si l’on ne s’en rend pas toujours compte tant qu’on n’y est pas confronté soi-même.
Notre rôle est d’offrir un toit, un accompagnement professionnel et des solutions concrètes pour permettre aux personnes de se reconstruire. Nous les aidons à être suivies, orientées et soutenues afin qu’elles puissent retrouver une certaine stabilité.
L’objectif est également d’éviter que des personnes déjà fragilisées restent seules dans l’espace public, souvent confrontées à la stigmatisation et à l’isolement. Grâce à cet accompagnement, nous pouvons travailler avec elles et envisager des solutions de logement adaptées, que ce soit en appartement individuel, en foyer ou dans d’autres structures d’accueil.


